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Une nouvelle petite production de ma part.

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Renaud jouait depuis presque trois heures. Il avait pris une courte pause pour aller fumer dans l’arrière court. Il n’était pas très emballé par son boulot mais celui-ci offrait une transition calme, payait les factures et lui laissait du temps pour composer.

Il attaqua un nouveau morceau de jazz, quelques connaisseurs vinrent s’asseoir plus près pour profiter de la musique. Il y avait un peu de monde au bar ce soir.

Un lounge bar avec deux salles aux ambiance différentes ; l’une jazzy, l’autre avec un DJ qui chauffait la salle. Il fermait en semaine à une heure du matin.

Il aimait regarder passer les clients, particulièrement les jolies femmes. Il était justement en train de parcourir la salle des yeux quand il la repéra, sa silhouette pulpeuse et sa démarche chaloupée qui faisait tourner les têtes sur son passage.

Il ne pouvait détacher ses yeux d’elle, ses longues cuisses toniques sous sa jupe noire très courte. Elle repéra une table non loin du piano et s’installa. Elle se pencha en avant pour déposer son sac à main à ses pieds et offrit à Renaud, une vue plongeante sur ses seins crémeux comprimés dans un top ajusté. Elle balaya quelques mèches blondes derrière son épaule, et lécha ses lèvres boudeuses, qui aurait donné à n’importe quel homme envie de satisfaire toutes ses demandes.

Il termina son morceau et suscita quelques applaudissements. Surprise, elle prit conscience que la pièce contenait quelques spectateurs intéressés et connaisseurs. Elle regarda du côté de Renaud. Il lui sembla qu’une étincelle s’allumait dans ses yeux quand il croisa son regard.

pin up et musicien

Il était heureux d’avoir capté son attention. Il commença un nouveau morceau, fermant les yeux quelques instants pour se concentrer. Espérant secrètement que lorsqu’il les ouvrirait à nouveau, elle le dévorerait toujours du regard.

Renaud sentit une vague de chaleur naître en lui et se propager jusqu’à ses joues. Pas du genre à piquer un fard quand il se sent observé, c’était plutôt une sensation lancinante dans son ventre qui l’incendiait peu à peu, le ramenant à un souvenir intense qu’il n’arrivait pas à identifier.

Il le sentait en lui, tout à coup persuadé qu’il avait déjà rencontré cette belle blonde, par le passé. Troublé par un sentiment de déjà-vu, il rouvrit les yeux pour bien imprimer son visage. Il sourit, satisfait de voir que la jeune femme continuait à l’observer.

Où pouvait-il l’avoir croisé ? A trente ans passé depuis un moment, il avait déjà beaucoup bourlingué, en tournée avec son groupe ou comme musicien avec plusieurs vedettes internationales, il avait également opéré dans de nombreux studios.

Son talent, ou un vieux souvenir semblaient avoir piqué son intérêt, car elle posa ses paumes sous son menton et le regarda d’un air captivé.

Une fois de plus, il fut frappé par une étincelle de familiarité. Il sentit même sa queue durcir tandis qu’il regardait la femme porter le cocktail qu’on venait de lui apporter à ses lèvres et en prendre une lente et sensuelle gorgée.

La soirée tirait à sa fin. Les clients étaient maintenant rares. Les yeux de braises de la jeune femme ne l’avait pas quitté. Il se consumait d’un puissant feu intérieur. Il la sentit approcher alors qu’il égrenait les dernières notes de l’ultime morceau de la soirée.

Elle tira une carte de visite de son sac, la posa sur le bois du piano, et la fit glisser jusque sous ses yeux. « Mon nom est Laura. Laura Trindère, je suis, maintenant, assistante de production, tu me remets ? »

Il se redressa brusquement et saisit son regard. Ils restèrent soudés, ainsi, à voir défiler des images, vieilles de dix ans.

Elle esquissa un sourire charmeur qui se termina par une petite moue lascive.

— Un excellent souvenir pour ma part, avec un petit goût d’inachevé ! Dit-elle.

Il se souvenait de l’envoûtante adolescente qu’elle était. Du mal qu’il avait eu à lui résister.

 » Eh, vieux ! Il n’y a plus de client, à part la demoiselle que tu as l’air de connaître ! J’ai fini ma journée, tout est rangé. Tu fermes en sortant, tu as les clés ?

— Oui ! OK ! bonne nuit Alain. Ne t’inquiète pas, je fermerais en partant.

L’intervention du barman, lui fit reprendre pied avec la réalité. Elle était si jeune, à l’époque. Voilà pourquoi il ne l’avait pas reconnu, ce soir. Elle n’avait plus rien d’enfantin, c’était une femme pulpeuse et incandescente.

Elle sourit et eut un haussement de sourcils, puis vint s’appuyer contre le piano.

— Nous sommes donc seuls ! Le destin est étrange ! Mon boss m’a envoyé pour tenter de convaincre un musicien et excellent arrangeur de venir travailler sur notre production en cours et je tombe sur toi…

— Tu bosses avec Luis Varegan ?

— Oui !

— J’ai déjà refusé ce travail.

— Il a pensé que j’arriverais à te convaincre fit-elle un sourire provocateur.

— Et quels arguments as-tu pour ça ?

— Je crois que, pour l’instant, je n’ai pas envie d’argumenter dit-elle en se penchant vers lui. Elle s’approcha si près de lui qu’il ne devait pas y avoir plus de cinq centimètres entre les deux visages. J’envisage plutôt d’effacer une frustration vieille de dix ans.

— Tu n’avais que quinze ans…fit-il sans bouger

— Je suis une grande fille, maintenant.

— Je vois ça…

— Ce que tu vois te plaît-il ?

— Infiniment… Il se pencha et déposa un baiser léger sur ses lèvres.

Il comprit que tout ce qu’il ne s’était pas autorisé, à l’époque ; il allait le vivre, ce soir avec elle.

— Tu ne vas pas t’enfuir, cette fois ?

— Aucune chance ! A l’époque, j’ai choisi la sagesse. Je le devais à ton père, tu étais trop jeune.

Il pivota sur le tabouret de piano et la tira à lui. Elle se laissa aller contre son torse, docile. Ses seins s’écrasèrent contre lui, prêts à déborder du corsage.

Il ne s’embarrassait pas à flirter ou prendre le temps de la séduire. Elle l’avait chauffé du regard, une bonne partie de la soirée. Ils savaient tous les deux, ce qu’ils voulaient.

Il déposa, à nouveau ses lèvres sur les siennes, pour un baiser plus profond. Il reconnut le goût fruité de son cocktail. Il sentit l’alchimie qui existait entre eux, resurgir, intense et effrayante. Il était plus dur que jamais à en avoir mal. Il avait déjà connu ça, la première fois.

Il n’avait pas compris, dix ans plus tôt, comment cette jeune femme, alors adolescente, pouvait, par sa simple présence, le transformer en un animal qu’il ne reconnaissait pas, obsédé par elle, à la recherche d’un plaisir immédiat, primitif et violent.

Chaque fois, qu’ils s’étaient tenus dans la même pièce, l’ambiance s’électrisait. Il avait eu toutes les peines du monde à lui résister. Jeune ingénieur du son, il avait passé quelques temps dans le studio du père de Laura, pour parfaire sa technique. Elle traînait souvent dans les lieux, régulièrement dans ses pattes, le frôlant, ne le perdant que rarement des yeux.

Il lui avait donné un baiser, réalisant trop tard, qu’il venait de goûter à un fruit défendu. Elle était, à la fois, ingénue, sulfureuse, sans limite. Elle voulait de la passion sans songer aux conséquences, belle jusqu’à en être vénéneuse.

Elle s’était faufilée dans sa chambre, une nuit. Ils s’étaient caressés mutuellement, explorés de leurs mains et de leurs bouches, jusqu’au plaisir.

Le lendemain, il avait écourté sa formation et était parti plutôt que de succomber à l’interdit.

Un soupir d’elle, fit bouillonner son sang dans ses veines. Il mit une main dans son dos pour la maintenir contre lui. Il explora son cou de ses lèvres, glissa jusqu’à son décolleté. Il découvrit son parfum floral, fragile et léger. Il s’enivrait d’elle. Elle n’avait rien de toxique, elle était juste belle et désirable.

Il abaissa le couvercle du piano et la souleva pour l’asseoir dessus. Le tabouret tomba mais il ne s’en préoccupa pas. Il remonta sa jupe pour se faire une place entre ses cuisses. Ses mains allaient et venaient le long des jambes de la jeune femme, pendant qu’il l’embrassait à nouveau. Il redécouvrait l’intensité, la folie qui les liaient.

Très vite, elle fut nue, assise sur le clavier fermé du piano. La sensualité pulpeuse de son corps, l’extasiait. Elle n’avait pas non plus, perdu son effronterie. Elle avait déboutonné sa braguette et s’employait à le masturber. Elle bascula en avant, ses mèches dégringolèrent alors qu’elle le prenait en bouche.

aaaa

Renaud émit un long râle de béatitude. Elle répondit par un soupir de bonheur partagé.

Même s’il était pris dans un tourbillon de plaisir, il glissa ses doigts jusqu’à son sexe. Il la découvrit chaude et humide. Il prit plaisir à aller et venir dans les replis moites entre ses cuisses. Elle répondait avec sa bouche collée sur son engin. Leurs attentions, d’abord, douces et délicates, s’intensifièrent jusqu’à les emmener aux limites du supportable.

Il s’arracha à sa bouche, ne se sentant plus capable de résister à la jouissance bien longtemps.

 » Non, pas comme ça, je veux te prendre. Ça a été si dur de ne pas le faire, il y a dix ans. »

Il se récupéra sa veste, tombée au sol. Il extirpa un préservatif de son portefeuille. Elle le regardait, les yeux embrumés de désir, échevelée, encore haletante de leur montée de plaisir.

Il revint vers elle. Elle écarta, largement, les cuisses de façon indécente, impatiente de le sentir en elle.

aaab

Au premier contact intime, elle fut submergée par l’intensité des sensations. Cette électricité, cette fusion entre eux, prit une dimension gigantesque quand il commença à bouger en elle. Elle bascula en arrière, couchée sur le piano, incapable de maîtriser son corps qui tremblait et tressautait à chaque poussée de Renaud.

En quelques minutes, ils furent portés par une même frénésie. Leurs corps, en nage, s’entrechoquaient à une cadence folle. Le bar était rempli de leurs cris et gémissements. Laura qui était à bout de résistance depuis un moment, s’arqua sous un assaut puissant et, dans un long râle, s’abandonna à l’orgasme. Bientôt suivi par Renaud qui hurla son plaisir, enfoncé en elle, jusqu’à la garde. Il s’effondra ensuite sur elle, le corps vide de toute force, de toute tension.

Il ramassa le tabouret pour s’y effondrer, la maintenant contre lui, il l’enlaçait tendrement, le temps de reprendre ses esprits.

Quand il reprit conscience du lieu et des lumières du bar, il ne portait plus le même regard sur les choses ; il savait qu’elles avaient irrémédiablement changé.

Il se cherchait depuis quelques mois, perdu et indécis. Quoiqu’elle lui demanda, il allait accepter, la suivre sans hésitation, habité par le sentiment d’avoir trouvé la réponse à sa quête. Même si cela impliquait de souffrir. Il avait trouvé la lumière au milieu du brouillard. Il venait de comprendre que ce lien intense et électrique les unissait à tout jamais.

Il croisa son regard, et, savait qu’elle pensait la même chose. Elle reposa sa tête sur sa poitrine et tout fut en place.

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