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Il s’agit d’un texte particulier. J’avais relevé un avis de concours ( ici ) de nouvelles érotiques. J’avais décidé de tenter le coup. Mais, après plusieurs essais infructueux, j’ai jeté l’éponge.

Il faut dire que les contraintes sont assez incompréhensibles :
Il est bien précisé que la thématique du concours « l’érotisme » concerne ce qui a trait à la description ou à l’évocation de l’amour, la sensualité, le plaisir et le désir sexuel. Toutes phrases ou groupes de mots à caractère pornographique, c’est-à-dire décrivant toute représentation crue ou concrète de la sexualité, d’actes physiques sexuels ou de choses obscènes, seront sanctionnés par le jury.

Comment écrire un texte érotique sans même, à un moment, en faire la description d’un acte physique ?
J’ai donc fini par lâcher l’affaire. J’ai, néanmoins, écrit quelque chose que je vous livre ici.

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      Marina regardait le soleil décliner à l’horizon, trop troublée pour avoir le courage de le regarder en face. Thomas était là, chez elle. Alors qu’elle pensait avoir trouvé l’apaisement ou tout au moins une certaine routine rassurante.

Quelle probabilité y avait-il qu’il loue le gîte juste à côté de chez elle par hasard ? Il était toujours aussi troublant, plus encore que la première fois qu’elle l’avait vu, dix sept ans plus tôt. Le jour de son entrée en seconde. Il avait été, alors, un objet de fantasme et d’adoration au fil des mois. Mais c’était Camille, sa meilleure amie, sur qui il avait jeté son dévolu. Ils étaient sortis ensemble. Un long roman de séparations, réconciliations et trahisons. À la fac, alors qu’elle partageait un appartement avec Camille, elle avait dû supporter leurs engueulades et leurs bruyantes parties de jambes en l’air dans la pièce voisine quand il était en visite. Et un Thomas désinhibé qui se promenait nu en sortant de la douche ; l’ignorant la plupart du temps, ne lui parlant que rarement.

Elle avait été heureuse, d’être acceptée pour un stage à Londres. Heureuse d’échapper à cette colocation qui lui pesait et de s’éloigner de celui dont la présence devenait une souffrance.

Elle avait été très surprise de le voir courir sur le quai alors qu’elle s’apprêtait à monter dans l’Eurostar, l’âme tourmentée. Il l’avait pris dans ses bras, l’avait embrassé avec passion en la serrant dans ses bras, sans trouver de mots à échanger.

Elle était partie, le cœur à l’envers, pour apprendre plus tard, qu’il avait emménagé avec Camille.

Il n’avait plus donné de nouvelle. Puis un jour, il était débarqué à son appartement londonien. Ils avaient peu parlé, surtout fait l’amour. Une parenthèse extraordinaire pour Marina. Encore aujourd’hui, elle avait connu peu de moments aussi intenses que ceux-là. Il avait exploré son corps avec une tendresse enivrante et l’avait marqué au point d’y laisser longtemps le souvenir de son empreinte.

Deux ans plus tard, ils s’étaient recroisés lors du mariage de Luc, le cousin de Thomas, aujourd’hui, kiné du village qui épousait une bonne amie d’enfance de Marina. Camille n’avait pas pu accompagner Thomas et Marina avait laissé son petit ami à Londres. Ils avaient passé deux nuits exaltantes, indélébiles mais sans promesses.

Quelques mois après, elle quittait Londres pour s’installer à Paris, avec son fiancé Peter, muté par la banque dans laquelle il travaillait. Elle n’avait pas eu le temps de recroiser Thomas, qu’il quittait Camille pour partir travailler en Asie.

Aujourd’hui, deux ans que Peter et elles étaient divorcés, après cinq ans de mariage. Il était parti en retrouver une autre à Londres. Elle était retournée dans son village natal, et exerçait comme professeur d’anglais dans un collège en se remettant de sa douloureuse rupture.

Pendant son mariage, elle s’était employée à effacer Thomas de son cœur et de ses pensées ; à effacer la souffrance à laquelle il était lié, à cette intensité sans dialogue.

Tout à coup, il resurgissait, en convalescence après un accident. Il se reposait pendant trois semaines dans la maison voisine, et elle n’était pas préparée à une telle proximité ni à l’urgence qu’elle lisait dans ses yeux.

Son regard chaleureux incendiait son corps à la diète depuis trop longtemps.

Elle se donna un peu d’air en se réfugiant dans la cuisine sous le prétexte d’aller chercher des verres. Il avait apporté une bouteille de vin pour un apéritif entre voisins. Il était assis dans un fauteuil du jardin. Il admirait la vue du soleil couchant sur les collines.

Elle lui tendit le tire-bouchon et s’installa en face de lui.

– C’est fou que tu ais loué la maison à côté de la mienne, par hasard, fit-elle dans un effort pour lancer la conversation et faire retomber la tension qui s’installait entre eux.

– Tu crois vraiment que le hasard à quelque chose à voir là dedans ? En la fixant intensément.

– Non… murmura-t-elle désarçonnée, pourquoi alors ?

– J’avais besoin d’être fixé. Il y a six mois, j’ai su, que tu étais revenue vivre ici, seule… Cette idée est devenue une obsession, il fallait que je te revois. Mon accident a rendu la chose encore plus nécessaire. Je suis passé si près de la mort. C’est devenu une évidence.

– Quoi ?

– Il faut que je sache si tu es la femme de ma vie.
Elle eut un hoquet de surprise et le regarda comme s’il était devenu fou.

– Il y a huit ans que nous ne nous sommes pas vu.

– Oui ! Et à l’époque, j’ai fui Paris pour ne pas te voir vivre avec un autre homme. Pendant tout ce temps, j’ai cherché avec d’autres, à retrouver l’intensité qui n’a existé qu’entre nous.

– Tu ne m’as jamais dit ce que tu ressentais à l’époque et tu avais Camille.

– Ça ne m’empêchait pas d’être connecté avec toi, de te comprendre sans mot. Ose dire que tu n’éprouvais pas la même chose.
Elle baissa les yeux et saisit son verre. Il fit la même chose.
– A nous dit-il en portant le verre à ses lèvres.
Des mots bien étranges pour elle qui venaient donner corps à une réalité qui n’avait eu un sens que pour elle à une lointaine époque. Ils venaient comme un baume sur une vieille plaie. Il avait donc ressenti ces instants avec la même intensité qu’elle à l’époque. Elle s’était imaginée à un moment qu’il n’avait fait que jouer avec elle.

 Elle avait rêvé un nombre incalculable de fois, dans une vie passé, ce fantasme de le voir surgir et admettre que lui aussi était chamboulé à chaque fois qu’ils étaient l’un près de l’autre.
Elle voulut ignorer la joie folle qui affluait en elle. L’idée que tous les non-dits, tous les sujets inachevés entre eux et les deux dernières années de solitude et de souffrance n’avaient existé que pour en arriver à cette soirée, l’effleura.

Elle posa les yeux sur lui, il buvait une gorgée. Il souleva les paupières et la fixa au dessus de son verre.

– Si tu continues à me regarder avec ces yeux là, ne me demande pas de partir, la prévint-il d’une voix rauque.

L’atmosphère se chargea aussitôt d’électricité.

Marina baissa la tête. Elle était submergée. Le désir dans les pupilles dilatées de Thomas avait allumé un incendie dans tout son corps et redonnait vie à de vieux souvenirs.

Il vint s’asseoir tout près d’elle, elle pouvait sentir son souffle chaud dans ses cheveux. Sa bouche se posa sur sa tempe, glissa doucement vers son oreille. Ses lèvres étaient douces et aimantes.

Il saisit son menton, l’obligea à relever la tête et se pencha sur sa bouche. Il la frôlait à peine. Ses gestes étaient lents et sensuels. Elle s’ouvrit à son baiser, et un ouragan l’envahit. Sa langue tourbillonnait avec celle de Thomas dans une danse folle. Il écrasait sa bouche sur la sienne, tirant sur sa lèvre inférieure, la dévorait avec un plaisir gourmand. Il prolongeait cette étreinte, tel un assoiffé qui a trouvé de l’eau. Elle ne voulait pas voir cesser cet instant qui insufflait à nouveau de la vie en elle. Ils allaient vite mais il en avait toujours été ainsi, avec Thomas.

retrouvailles01

Elle tremblait. Elle n’était pas vraiment sûre de pouvoir se laisser aller. Hier, elle était inerte, en survie. Aujourd’hui, elle vibrait, vivante. Le corps prêt à toutes les folies, mais l’esprit en alerte, aiguisé par le souvenir de trop de désillusions.

Chaque centimètre de son corps plaqué contre le sien s’embrasait, déjà prête à céder à la passion. Thomas alimentait cet incendie de sa bouche. Ses mains s’étaient animées également, volaient sur son corps ; caressaient son dos, pétrissaient son bras et son épaule. Il fit tomber la bretelle de sa petite robe d’été, dévoilant la dentelle noire de son soutien gorge.

Avec un grognement, il se déplaça lentement vers ce nouvel espace à explorer. Il en fit le tour. Ses seins devinrent dures et ses tétons sensibles comprimés dans le tissu soyeux de son soutien-gorge. Thomas jouait, faisant de petits cercles frottant le bout avec son pouce à travers le vêtement. Elle gémit, incapable de se contrôler.

Son esprit lui criait que ce n’était pas une bonne idée qu’elle allait le regretter.

Elle eut un frisson d’appréhension et recula pour échapper à ce baiser. Thomas récupéra sa bouche et raffermit sa prise

– Je ne peux pas

– Chut, Thomas éclaboussa sa gorge et ses seins de baisers. Il lécha son épaule, formant des arabesques. Laisse-toi aller, Marina. Une chaleur irradiait son ventre, et faisait palpiter son intimité.

Des années de regrets furent balayés, elle perdit la maîtrise de soi. Elle tira sur sa chemise, le dépouilla rapidement pour explorer, à son tour, ce corps qu’elle désirait au delà de la raison.

Il la dévêtit à la vitesse de l’éclair, avant de la faire basculer sur le transat. Il chuchota sa joie de la nue, à l’oreille.

Puis, ses lèvres reprirent leur folle errance sur la peau de Marina, allumant un brasier dans son ventre. Les yeux clos, le corps abandonné à cette délicieuse invasion, elle était à l’écoute des premiers signes d’une agréable tension.

Quand enfin, sa bouche explora les replis de son intimité, elle se cambra incapable de dompter le démon qu’il réveillait.

Avec des gestes et des mots gourmands, il l’emmena jusqu’au plaisir, jusqu’à une folle explosion dans sa tête et au cœur de sa féminité.

Elle était encore haletante, le regard voilé, quand il la recouvrit de son corps. Il l’embrassa avec passion.  »Je te veux. Tu ne peux imaginer à quel point je te veux, toit et personne d’autre, je n’en peux plus de t’attendre ».

 »Alors viens » En même temps qu’il prononçait ces mots, elle réalisait à quel point elle le voulait aussi. Elle écarta les cuisses sous lui. Il se coula entre elle. Elle fut submergé par l’émotion qui progressait en elle en même temps que Thomas. Elle se cambra pour le recevoir en profondeur.

 »Regarde-moi, Marina. Je dois voir tes yeux.  »

Très vite leurs corps moites s’accordèrent sur un rythme connu d’eux seuls, d’abord langoureux et sensuel pour atteindre une frénésie insoutenable. Ils basculèrent ensemble dans le plaisir, intense comme jamais.

Ils restèrent enlacés alors que le feu refluait doucement.

« Et qu’est-ce qui se passe ensuite?  »
Une étincelle s’alluma dans ses yeux noisette, pailletés d’or. « Ensuite ? Un jour, tu te réveilleras un matin, nous serons vieux tous les deux, enlacés. C’est le marché que nous venons de conclure, non?  » Une joie folle la traversa alors qu’il l’attirait contre lui pour une nouvelle étreinte.

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