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Pour être honnête, il y a bienPHOc95fb93c-bb5e-11e3-a730-4a7d6fb3b53a-805x453 longtemps que je n’ai pas relu Régine Deforges. Pourtant c’est une auteure qui longtemps a fait partie de mes lectures favorites.

Quand je lis la liste de ses œuvres sur wikipédia, je réalise que j’en ai lu un certain nombre. Tous ces livres sont quelque part dans un carton dans mon grenier ou celui de ma mère. J’ai perdu le contact avec quelques uns de mes bouquins au fil des déménagements.

Paradoxalement le seul d’elle que je n’ai jamais égaré, s’appelle « Ma cuisine ». Il y a une période de ma vie, j’étais beaucoup plus attentive à mes livres de recettes qu’aux romans.Ma cuisine -Régine DeforgesJe me souviens de la bicyclette bleue comme un éveil à la sensualité. Elle m’a fait aimer les héroïnes pleines de tempérament et m’a rendu curieuse.

J’avais attee60fe12814155a71dd20467c14d53f4cndu avec impatience le second volet et l’avais acheté alors que j’étais en vacances au bord de la mer dans la maison de mes grands-parents.

C’est fou comme certains évènements devenus insignifiants vous marquent, ressurgissent des années après et ramènent avec eux, le souvenir des embruns iodés, de la chaleur de l’été, du sable entre les pages, des flirts de vacances et de l’insouciance de cette époque.

Durant toute cette période, je portais un intérêt tout particulier aux livres qui traitaient de la seconde guerre mondiale. J’ai lu les premiers volets de la saga, mais ma passion s’est émoussée au fur et à mesure que je vieillissais et que Léa vivait d’autres périodes historiques. J’ai décroché après « Rue de la soie » je crois.

Je me rappelle avoir attendu la version télé avec curiosité, mais j’avais été déçue. Je n’avais ni aimé les acteurs, ni la façon dont l’histoire était traitée. Mais c’est souvent ainsi quand on a aimé un livre passionnément, qu’on l’a lu plusieurs fois et qu’on s’est fait son propre film dans sa tête.

***

LH41_DeforgesInutile de revenir sur l’éditrice avant-gardiste qu’elle était, son portrait a été brossé un peu partout, ces derniers jours, à l’annonce de sa mort.

Je réalise qu’elle m’a doublement ouvert la voix : ses écrits m’ont initiés à la littérature érotique et sa volonté de défendre ce genre d’écrits a permis à moi comme à d’autres de mettre du sexe dans leurs livres, sans connaître l’horreur de la censure. Ce mot qui ressemble, aujourd’hui, à une grossièreté.

Elle a sa place dans mon panthéon personnel, elle est rattachée à tellement de souvenirs. Et à l’heure où je traîne pour finir cet article, Gabriel Garcia Marquez, un autre auteur qui a marqué cette même période disparaît à son tour.

 

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